La crise perdure chez Air Canada. Malgré l’invocation de l’article 107 du Code du travail par le gouvernement fédéral pour forcer la reprise des activités, les agents de bord de la compagnie aérienne ont décidé de maintenir leur grève, amorcée le 16 août à Montréal.
L’article 107, utilisé dès les premières heures du conflit, oblige normalement les employés à reprendre le travail et soumet le différend à un arbitrage indépendant du Conseil canadien des relations industrielles (CCRI). La ministre du Travail, Patty Hajdu, a justifié cette décision par la nécessité de protéger les Canadiens d’un fardeau financier accru en raison des perturbations du trafic aérien.
Mais pour le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), cette intervention constitue une atteinte directe au droit de grève et un « cadeau » fait à la direction d’Air Canada. « Ça vient enlever nos droits à la libre négociation », dénonce Patrick Gloutney, représentant syndical, qui affirme que les travailleurs iront jusqu’au bout, quitte à exposer le syndicat à des sanctions.
Conséquence directe : la compagnie, qui avait annoncé une reprise progressive de ses vols dimanche soir, a dû annuler plus de 240 vols et suspendre son plan de relance « jusqu’à nouvel ordre ». Air Canada espère toujours pouvoir rétablir progressivement ses opérations à partir de lundi soir, mais la tension entre Ottawa, les grévistes et la direction reste entière.