Stabilité familiale et intérêt supérieur de l’enfant au cœur du rapport
La Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse a publié son quatrième rapport sur la mise en œuvre de la Loi sur la protection de la jeunesse (LPJ) à Montréal. Ce rapport, basé sur l’analyse de plus de 500 décisions de la Chambre de la jeunesse, démontre que la réforme de 2022 commence à porter ses fruits, notamment par une prise en compte accrue de l’intérêt de l’enfant et le respect du droit des jeunes d’être entendus, surtout pour ceux âgés de 13 ans et plus. Cependant, l’application demeure encore inégale dans certaines situations, notamment lorsqu’il s’agit de favoriser des placements auprès de personnes significatives telles que les grands-parents ou la fratrie.
Les effets positifs et limites de la réforme
Le rapport met en avant que les familles d’accueil de proximité, entretenant déjà un lien affectif avec l’enfant, sont gages de stabilité et de développement. Un autre élément clé est le maintien des liens entre frères et sœurs, considéré comme essentiel à l’équilibre et l’identité des enfants placés. Malgré les avancées, des défis sont identifiés, dont le manque de systématisation de l’écoute active des enfants lors de la définition de leur projet de vie, et la lenteur de la mise en œuvre d’efforts en prévention.
Recommandations pour renforcer la protection et le soutien
Parmi les 12 recommandations du rapport, la Commission presse le gouvernement d’allouer les ressources nécessaires pour garantir l’accès à des services adaptés, notamment un outil recensant les soutiens parentaux disponibles dans chaque région. Le rapport insiste sur l’importance de favoriser le contact régulier entre enfants placés, leurs parents, leur fratrie, et les personnes significatives jusqu’à la majorité. Le processus participatif est aussi au cœur des recommandations, avec un appel à recueillir l’opinion de tous les enfants, quelle que soit leur tranche d’âge, dans la détermination de leur projet de vie.
État des lieux et perspectives
Avec une hausse significative des signalements à la DPJ et des violences envers les enfants, le rapport de la Commission s’inscrit dans un contexte d’urgence. Des expertes du secteur appellent à un véritable changement de culture institutionnelle, soulignant la nécessité d’un renforcement du soutien aux familles et d’une meilleure formation des acteurs de terrain.
